vendredi 19 septembre 2014

Le jour où j'ai rencontré David Vann

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Automne 2009.
 
C'est l'histoire d'un bibliothécaire qui assiste à une rencontre avec l'éditeur Oliver Gallmeister de passage dans une librairie. Un homme passionné, qui ne se la joue pas éditeur parisien et qui donne très envie (évidemment) de lire tous les bouquins qu'il publie. Une jeune maison d'édition crée en 2005 qui commence à se faire repérer sur les étales des libraires. Ses livres sont de beaux livres, à la couverture soignée, avec une ligne éditoriale cohérente. Chez Gallmeister, on fait dans la Nature writing : la littérature de la nature et des grands espaces américains (ça c'est pour faire vite, pour en savoir plus, c'est ici). 

Alors forcément le bibliothécaire commence à bouquiner (c'est une partie de son boulot, bah oui, trop dure la vie), à découvrir le catalogue de l'éditeur et à en parler avec enthousiasme autour de lui, et à conseiller pleins de romans aux lecteurs de la bibliothèque dans laquelle il travaille.

Janvier 2010.
 
Il tombe sur Sukkwan island de David Vann. Et paf, la claque. La BIG claque même. Avec cette fameuse page 113 qui en a fait tomber plus d'un de sa chaise, en se disant : c'est pas possible, j'ai du loupé un truc. Autant vous dire que le roman est mis entre toutes les mains qui passent. Et puis rappelons le, Sukkwan island commence à trouver un très bel écho auprès du public français, remporte le Prix Médicis Etranger 2010 et lance la carrière de l'écrivain, jusqu'alors pas très connu dans son propre pays, les Etats-Unis.

Juillet 2014. 

"LE" coup de téléphone inattendu. En septembre, David Vann sera en tournée en France pour la parution de son nouveau roman (Goat Mountain) et avant de rencontrer le public d'une librairie, il est envisagé de faire une rencontre avec son éditeur dans la bibliothèque. Le bibliothécaire accepte illico et bondit de joie. Il ne se tiendra plus durant les deux mois suivants pour préparer la rencontre.

Les lecteurs de la bibliothèque (re)découvrent alors les romans légers de David Vann pendant leur été, allongés sur la plage (vous verrez madame, Impurs se lit tout seul, oui c'est une charmante histoire de famille avec une gentille maman et un fiston tout sage).

Fin août 2014.

"LE" coup de téléphone inattendu.
- Ah au fait, dernier point de détail pour l'organisation de la rencontre, l'éditeur viendra traduire comme prévu, par contre, il faudra que vous animiez la rencontre à défaut d'avoir un journaliste pour le faire. Nouveau challenge pour le bibliothécaire, qui accepte sans trop savoir où il met les pieds et surtout si il va faire l'affaire sur ce coup là.  

Septembre - Jour J

16h30. C'est l'heure de la rencontre. Le professionnel est tout heureux et un poil stressé d'interviewer l'écrivain. Il prend son micro comme un grand, tout en ne comprend pas pourquoi ses mains tremblent. 

Assister à une rencontre d'un écrivain, c'est (en général) l'assurance de découvrir de nouvelles portes d'entrée de son univers littéraire et de comprendre certains aspects de ses romans que l'on avait ignoré, ou pas forcément saisi.


Assister à une rencontre avec David Vann, c'est découvrir un homme lumineux qui vous parle de situations atroces qu'il a vécu en arrivant sans problème à vous faire sourire voire rire. Alors ok, les américains aiment faire leurs show, mais ici, la sincérité est indiscutable. 

Avoir eu cinq suicides et deux meurtres dans ma famille, c'est un bon départ et un bon matériaux pour écrire. (tu m'étonnes !!!)

Son histoire familiale, il s'en ai servi pour écrire, pour créer. Tout est fiction, invention, mensonge plait-il à souligner, avec le sourire aux lèvres. 
Le bibliothécaire-intervieweur ne peut que balbutier C'est fascinant ce que vous racontez...fascinant, tout essayant de reprendre le fils de ses questions (il est facilement impressionnable dans ces cas là).

David Vann sait parler de ses romans (ce qui n'est pas forcément donné à tous les écrivains, dont certains estiment qu'ils ont déjà tout dit dans leur œuvre). Alors oui, on sent qu'il a l'habitude de répondre aux questions, avec naturel. Mais on sent tout de suite qu'il aime donner. Et ça, c'est génial pour le public ! Mais plus un public trouve que les propos d'un écrivain coulent de source, plus en réalité, chaque mot a un véritable sens, et que tout a été analysé et réfléchi. 

David Vann et son éditeur français Oliver Gallmeister
Comme il l'avoue, c'est parfois le public par ses remarques qui lui donne d'autres pistes d'interprétations de ses romans. Notamment quand il s'aperçoit que finalement la religion est omniprésente dans tous ses livres (et notamment de manière très présente dans Goat Mountain).

La nature writing et la bonté du monde, finalement c'est pas trop son truc annonce-t-il. Il fait plutôt dans la tragédie. Décrire la nature oui, mais à partir de ce que les personnages projettent dessus. Les voilà prisonniers de celle-ci et mis sous pression sans échappatoire. 

Il parle aussi de la tradition des armes à feu aux Etats-Unis et les ravages de celles-ci. Les armes sauvent des vies !  Le public hallucine. (un conseil : lisez Dernier jour sur terre, et vous comprendrez mieux pourquoi ce récit est passé inaperçu aux Etats-Unis).

David Vann, a ses fêlures, comme chacun d'entre nous, mais a su les transformer en un sublime joyau, celui de l'écriture. Le public comprend alors mieux le pourquoi du comment de ses romans, pourquoi la famille c'est pas de la tarte, pourquoi aimer c'est aussi faire du mal.

David Vann nous éclaire aussi sur sa façon d'écrire. Il n' a pas de scénario précis avec un début et une fin prévus. Il se laisse porter sans savoir où cela le mène. C'est son inconscient qui parle. (Donc la fameuse page 113 de Sukkwan island, elle est arrivée comme ça sans prévenir...wouah !!!).

David Vann fut d'une grande générosité avec son public, d'une grande simplicité. Il fut très bien accompagné par son éditeur qui lui aussi prenait plaisir et jubilait déjà de la réussite de la rencontre.
   
Alors durant tout le temps de la rencontre, le bibliothécaire tente de poser ses questions qu'il a sagement préparé (bon apparemment il s'en ai plutôt bien tiré) et a parfois du mal à réaliser ce qui se passe, tellement il profite de ce moment unique. 

Autant vous dire que le bibliothécaire est comblé. Il se dit qu'il a eu bien de la chance de tomber sur un écrivain comme lui. Pourtant on l'avait prévenu (Merci Laurent !). Il est ravi de voir le public conquis et enthousiaste. 

Ce fut vous l'aurez compris une très belle rencontre, pleine d'émotions.

jeudi 18 septembre 2014

Je suis le libanais (io sono il libanese) di Giancarlo De Cataldo

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Giancarlo De Cataldo m'avait ébloui avec son Romanzo Criminale : cette bande de mafieux qui va prendre le contrôle de Rome à la fin des années soixante-dix. On avait eu droit à une suite La saison des massacres. Voici à présent les origines avec ce court roman qui revient sur le personnage emblématique du Libanais, celui qui deviendra le leader du groupe.

Le Libanais est un petit caïd de la rue et rêve de grandeurs. Il va devoir faire preuve de patience, de jugeote pour acquérir à sa cause ses copains et surtout respecter les codes des autres familles de truands et attendre le bon moment pour faire parler de lui. Ses plans pour amasser un paquet de fric échouent pour la plupart, à lui d'en tirer les leçons. 

Alors au départ, j'étais plutôt septique. On pourrait se dire que c'est un peu trop facile, que c'est la mode des préquels. Et puis, après quelques pages, je me suis laisser avoir. J'ai aimé retrouver la galerie de personnages qui ont fait le succès de Romanzo criminale. L'écrivain finit habilement le roman comme une fin de chapitre dont le suivant serait RC. Alors oui, ça fonctionne mais malgré tout, ce titre n'est pas indispensable. Les  aficionados devraient y trouver leur compte. Pour ceux qui n'ont pas lu RC, prenez le temps de lire ce prologue, c'est une bonne mise en bouche !

Un avis très enthousiaste, celui de Du Noir Du polar à découvrir ici.  
 

Je suis le Libanais - Giancarlo De Cataldo - Métailié, 2014. Traduit de l'italien par Paola de Luca et Gisèle Toulouzan.

lundi 8 septembre 2014

Dernier jour sur terre de David Vann

6 commentaires:

Double actualité pour David Vann en cette nouvelle rentrée littéraire. Après le magistral Goat Mountain dont je vous parlais il y a peu (voir l'article), Oliver Gallmeister décide de publier dans sa collection de poche Totem, un récit inédit de l'écrivain.

Dernier jour sur terre relate le travail d'investigation de l'écrivain sur la fusillade à la Northern Illinois University le 14 février 2008 par Steven Kazmierczak, 27 ans, qui après avoir tué cinq personnes et blessé dix-huit s'est donné la mort. Il établit un parallèle avec sa propre expérience liée aux armes à feu.

J'ai hérité des armes paternelles à treize ans, à l'époque où je débordais d'hormones, où le monde n'avait plus aucune importance à mes yeux depuis que mon père avait porté son arme à sa tête. Je n'avais rien à perdre. Et j'avais été témoin de beaucoup de violence.

Tel un enquêteur journalistique, David Vann retrace le parcours de Steve de manière minutieuse avec un style froid et direct. Il examine les moments où ce jeune adolescent bascule et les évènements déclencheurs qui, cumulés, contribueront à sa chute. Pourquoi Steve est-il passé à l'acte ? Pourquoi, lui David Vann, adolescent, tirant sur les réverbères de la rue en face de sa maison n'a-t-il pas blessé quelqu'un ?

Un récit des plus passionnants où l'on suit ce parcours incroyable d'un homme brillant par ses études, qui aurait pu ne pas sombrer, mais qui par de mauvaises rencontres où de malheureux hasards n'a pu revenir sur un chemin plus lumineux et s'en sortir. Après la tuerie, ses proches auront du mal à comprendre, même si les signes avant coureurs étaient sous leurs yeux, qui était véritablement leur ami.

David Vann fait preuve d'une grande lucidité sur lui-même et sur ce qu'il a vécu. Il porte un regard critique sur le rapport de la société américaine avec les armes à feu. C'est absolument terrifiant. Notamment lorsqu'il nous rappelle que la tradition consiste à offrir des fusils aux enfants. 

En juin 2008 la Cour Suprême a maintenu le droit de chaque Américain à porter une arme, en invalidant une loi de Washington D.C. qui interdisait la possession d'une arme à feu. Après la fusillade de NIU, le pouvoir législatif de l'Illinois a tenté de voter une loi qui aurait pu limiter l'achat d'armes de poing à un pistolet par mois et par personne, ce qui impliquait tout de même qu'une personne pouvait se procurer douze armes par an, et même cela n'a pas été voté.

Un passage qui m'a particulièrement marqué :

Je vois de panneaux en bordure de route qui affirment : Les armes sauvent des vies. Si ça, ce n'est pas de la manipulation, qu'est-ce qu'on entend alors par "manipulation"?


David Vann
Comment le livre a-t-il été reçu aux Etats-Unis ?
Il est passé quasi inaperçu et, lors des rares interviews radio que j'ai pu donner, j'ai critiqué l'armée, en rappelant que les tueurs étaient presque toujours des vétérans, pauvres, de droite. mais je n'ai pas été entendu. D'autres meurtres de masse vont frapper le pays, mais mes compatriotes ne liront pas mon livre, parce qu'il ne se contente pas de dire que nous sommes toues des gens  bien et que ce type n'était qu'un monstre. (source)



Dernier jour sur terre - David Vann - Editions Gallmeister - 2014 - Traduit de l'américain par Laura Derajinski.

mardi 26 août 2014

Goat mountain de David Vann

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Comme chaque année, un jeune adolescent de onze ans part à la chasse avec son père, l'ami de celui-ci et son grand-père dans une réserve de deux cent cinquante hectares. Mais cet automne 1978 est bien différent des précédents car pour la première fois de sa vie, le jeune garçon va avoir le droit et l'honneur de se servir de son fusil et de chasser son premier cerf. 

Ce que nous voulions, c’était courir ainsi, pourchasser notre proie. C’était l’intérêt. Ce qui nous poussait à courir, c’était la joie et la promesse de tuer. 

Tuer est son seul objectif, découvrir ce bonheur là.

Il n’existait pas de joie plus totale et plus immédiate que celle de tuer. Même la simple idée de tuer était meilleure que n’importe quoi d’autre. 

A leur arrivée sur place, ces hommes observent par la lunette de leur fusil un braconnier. C'est alors que l'irréparable se produit lorsque le fils à son tour regarde et aussitôt presse la détente de son arme.

Un scénario inenvisageable pour un père, celui d'un fils meurtrier. Alors que faire dans l'immédiat ? Se débarrasser du corps ? Se livrer à la police ? Continuer à chasser comme si de rien n'était ? 

Toucher les morts. Nous ne sommes pas censés toucher les morts. C'est la raison pour laquelle nous leur préparons une vie confortable dans l'au-delà, afin qu'ils ne tendent pas les bras vers nous. Nous espérons détourner leur attention, les occuper. Un enterrement est un espoir.
 
Un souvenir marquant que l'enfant nous raconte une fois adulte. Chaque homme se positionne différemment face à ce mort gisant à leur pied, face à ce gamin qui ne semble pas réaliser ce qu'il vient de faire. Pourtant l'impuissance de chacun semble prendre le dessus.

On ne peut pas remodeler sa propre nature, et les personnes morales sont toujours impuissantes face à ce que nous sommes.
 
Comment affronter les conséquences irrémédiables d'un tel acte quand on a seulement onze ans ? 

Mais à onze ans, le temps était illimité et inconnu, la vie semblait pouvoir s'étendre à l'infini, et je marchais dans l'herbe sans sentir ni mes chevilles ni mes genoux ni mon dos, rien ne m'avait encore trahi, mes muscles et mes os encore liées. Je n'éprouvais aucune culpabilité, aucun remords, aucune inquiétude comme je les connais à présent, rien que de l'impatience, rien que le mouvement.

Le grand-père, véritable avocat du diable mettra son fils et son petit-fils face à leurs responsabilités sans ménagement aucun, avec une rudesse sans bornes. 

Le père quant à lui, oscillera entre protection et abandon de son fils.

Le personnage de Tom, ami du père, n'a qu'une envie, celle de partir...pourtant contraint de rester, il essayera vainement de se préserver et de conserver son intégrité morale.


La nature prend des allures d'Enfer. Des situations extrêmes, dangereuses, qui m'ont rappelé ma lecture de Délivrance, où des choix cruciaux doivent être faits et rapidement. 

Pour ceux qui connaissent David Vann, vous retrouvez dans ce roman l'ambiance de Sukkwan island, cette nature oppressante et cette tension à chaque page. 

Sauf qu'ici, il décide de lancer les hostilités dès les premières pages, sans préavis. Le lecteur est pris au vif, anéanti.

David Vann nous rappelle, en écho à sa propre histoire familiale, que les morts font définitivement partis des vivants, et qu'ils nous habitent à jamais. Il donne aussi à réfléchir sur les armes, la fascination qu'elles opèrent sur l'homme et sur la violence qui en découle.

David Vann maîtrise son récit dans la durée, crée une véritable escalade de sauvagerie où les défis face à la mort remonteraient à la nuit des temps. Il fait ressortir chez chacun de ses personnages leur propre animalité, leurs réflexes les plus primaires, leur instinct de survie.

La Bible n'a rien à voir avec dieu. La Bible est le récit de notre éveil, une récupération, un rêve atavique racontant la première fois que nous avons appris la notion de honte dans le jardin, la première fois que nous nous sommes considérés comme différents des autres animaux, et Caïn fut le premier à découvrir que certains d'entre nous ne se réveilleraient jamais. Certains d'entre nous agissent selon leurs instincts, et cela ne changera pas. Les dix commandements dressent la liste de ces instincts qui ne nous quitteront jamais.

Un autre très beau passage à mes yeux :

La durée. Ce que nous offre la nature, c'est la durée, la promesse que lorsque nous paniquons, que nous sommes pris au piège et que nous voulons être n'importe où ailleurs, cet instant s'étirera, continuera, grandira, empirera. Ce monde inventé pour des raisons qui ne nous prenaient pas en compte, mais nous l'oublions et c'est pourquoi nous sous-estimons tout.
  
A la fin du récit, le lecteur apprend que ce roman est un retour au matériau de la première nouvelle que j’ai écrite, il y a de cela plus de 25 ans. Ce roman consume les derniers éléments qui, à l’origine, m’ont poussé à écrire : les récits sur ma famille et sa violence. Il revient également sur mes ancêtres cherokees, et leurs interrogations lorsqu’ils furent mis face à l’idée de Jésus.  

Une lecture éprouvante qui laisse le lecteur à bout de souffle. Mais rien de moins étonnant pour ceux qui connaissent ses romans. Une histoire magistrale, sans concession, d'une grande férocité, mais sublime aussi. 

David Vann - Photo Diana Matar
Encore un roman qui m'a marqué comme tous ceux de l'écrivain (Sukkwan island, Désolations à découvrir ici ou Impurs). 

Goat mountain est son quatrième roman à découvrir sur le site de l'éditeur.

Et pour les plus curieux, deux portraits de l'auteur à découvrir dans Chro magazine et Le magazine littéraire.
 
Goat Mountain - David Vann - Editions Gallmeister - 2014 - Traduction de l'américain par Laura Derajinski.

dimanche 24 août 2014

NASA Space Sounds

2 commentaires:



C'est impressionnant, non ? 

L’immensité de l’espace ne cesse de fasciner petits et grands depuis la nuit des temps. Histoire d’alimenter un peu plus le fantasme qui règne autour de cet Univers plongé dans le noir, la NASA a récemment enregistré les sons qui rythment le quotidien de la vie spatiale. On vous fait découvrir ce ballet sonore aussi fascinant qu’angoissant…(source)

mercredi 20 août 2014

La piscine de Alain Page

8 commentaires:

Fin juin, je découvrais chez Oncle Paul qu'en 1969, le roman La piscine, signé Alain Page sortait en librairie à la même période que le film de Jacques Deray réunissant le couple mythique Romy Schneider et Alain Delon.

Un film fascinant (voir notre ancien billet) qu'il convenait de découvrir aussi en roman ! 

Au bord d'une piscine dans une villa de Saint-Tropez, Jean-Paul et Marianne goutent à la chaleur de l'été. Leur histoire est en bascule et l'arrivée de Harry, séducteur né, ami de Jean-Paul ne va pas arranger les choses. Sans compter qu'à son bras, il y a Pénélope, sa sublime fille fraîchement majeure dont le couple ignorait jusqu'alors l'existence. Pendant que Pénélope se laisse approcher de trop près par Jean-Paul, Marianne, semble vouloir raviver la flamme qu'elle a allumée jadis avec Harry. Rancœur, jalousie et suspicions pour un huit clos à la température élevée.  

Un livre d'une grande tension psychologique et sexuelle. Tout se joue dans la tête des personnages. Fantasmes inassouvis, jeux de corps et de regards, retenue dans les gestes, non-dits, apparences trompeuses...Un roman habile qui prend des allures de polar où les affrontements ne manqueront pas.

Un roman qui diffère parfois avec le film (ou inversement). A mes yeux, les deux ouvres sont très réussies. Les cinéphiles devraient y trouver leur compte.  

La piscine - Alain Page - Editions Archipoche - 2014 (inclus un livret de 8 pages photos extraites du film).